Donc hier, sous les coups de 17h30 je me suis retrouvé salle 4 (je n'aime pas la salle 4), tout droit en haut de l'escalier. Pour tout vous dire ce n'est pas un donc franc du collier. S'il était possible de nuancer un donc, je dirais que c'est un donc qui trempait dans l'hésitation. Une hésitation diffuse, imperceptible pour le commun des mortels. Ainsi, après avoir consulté le programme, je me suis dit que j'allais prendre un risque. Il est vrai que je n'ai jamais été un baroudeur, une tête brûlée, un risque tout et qu'avant toute chose j'ai tendance à réfléchir, voire réfléchir longuement, à telle enseigne que parfois le temps de la réflexion passé il est trop tard pour agir. Mais là, j'ai réussi le timing parfait entre la réflexion et la prise de risque. Il faut dire que je me sentais l'âme d'un aventurier sans me départir de ce soupçon d'hésitation que j'ai fini par balayer.
 
Donc, me voici salle 4 attendant les images de Pour le réconfort. Autant vous le dire tout de suite, si vous n'êtes pas sensibles à l'humour de je ne sais quel degré et que vous êtes un tantinet dépressif, je vous déconseille ce film. Bon autrement, je ne vais pas tourner autour du script, je ne suis pas persuadé de son existence, je me demande si je n'ai pas dormi. Ce doute, car je n'ai pas l'impression d'avoir saisi l'entièreté du propos. Jusqu'ici, je n'avais été confronté qu'à Vincent Macaigne acteur, que j'apprécie (je ne développe pas). Les films dans lesquels il a joué ont de nombreux points communs avec celui-ci. Je retiendrais l'absurdité. Une absurdité à la Camus (je ne développe pas). Macaigne s'arrange pour que tout soit moche, froid, humide, poisseux, englué, vain, étriqué et peut-être même désespérant. Il malaxe les sentiments jusqu'à en faire de gélatineuses boulettes pour chien.  Je terminerai par une réflexion de ma voisine de salle 4 s'adressant à un homme sur le départ "Dis, par hasard le paradis existe-t-il ou n'est-ce qu'un paradigme cher à la linguistique structurale?".  
A la réflexion, c'est peut-être un film rigolo. Vous pouvez apprécier dans quelle confusion je baigne.  

Réconfort