Objectif négatif

19 janvier 2018

Alangui sur le plagiat abandonné ou les fictions du micro

Une succession de débuts d'histoires. A peine écrites, elles s'envolent. Des histoires qui ne vont pas jusqu'au bout. Des histoires qui n'osent pas. Des histoires sur la pointe des pieds. Des histoires qui n'atteignent pas leur extrémité. Des histoires qui ne s'aventurent pas jusqu'au bord. Des histoires qui ne vont pas jusqu'à perdre leur équilibre. Des histoires qui me vont. Des histoires qui vont dans le vent des commencements que l'on laisse filer. Des histoires qui interceptent les vies le temps d'un contretemps. Des histoires qui s'intercalent. Des histoires qui font la jonction entre les vies amputées. Des histoires qui prolongent la vie au-delà des lassitudes engourdies. Des histoires qui nous font croire. Des histoires qui éclairent le noir. Des histoires le long des couloirs. Des histoires dérisoires jusqu'au soir. Des histoires au revoir là-bas.

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18 janvier 2018

A toi

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Un après-midi au cinéma

3 billboards

Faut croire qu'il y a du Pavlov. Du moins certains aimeraient à le croire. Pour ce qui me concerne, je choisirais inconditionnel qui précède de peu la passion. Dès le début j'ai su que j'aurais toutes les difficultés à commencer cette chronique. Alors, reprenons comme si de rien n'était. L'autre jour, beaucoup de jours sont autres, arpentant le long couloir, qui notamment mène à la salle 7, parsemé d'affiches annonciatrices je vois celle de 3 Billboards dont le réalisateur est Martin McDonagh. Bon, je ne vais pas me la jouer. Sur le coup, ce nom ne me dit rien. Je continue ma progression vers le bout. Celui du couloir. Et d'un seul coup, alchimie neuronale, me revient en mémoire Bons baisers de Bruges. Et là, je me dis qu'à la première séance, j'y vais. Ça n'a pas coupé. Après une assiette du pêcheur, qui m'a renvoyé à ma condition, je me retrouve salle 1. Je ne vais pas tourner autour du panneau, j'ai aimé, ma seule réserve étant que Martin aurait pu faire un petit peu plus court.
Au début, je n'ai pu m'empêcher de penser aux frères Coen. Et puis la pensée s'est estompée. Nous sommes dans les profondeurs des États Unis. Une mère, opiniâtre, courageuse, malheureuse, fragile, sans concession et jusqu'au-boutiste en quête de justice, jouée par une Frances McDormand presque trop parfaite pour le rôle, affronte et se met à dos la communauté des citoyens respectueux des lois, des institutions. Autrement dit, de l'ordre établi. Nous ne sommes pas loin de l'outrance, du moins peut-on le penser. La bêtise, la lâcheté, le racisme, la peur, la culpabilité, l'indifférence forme un cloaque dans lequel baigne presque tous les personnages. Mais comme nous sommes là-bas, certains pourraient être sauvés. Pour autant, je ne suis pas parvenu à relater les nuances et subtilités du propos servies par d'excellents acteurs. Allez-y en toute confiance.

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15 janvier 2018

Un après-midi au cinéma

Émergeant de la confortable quiétude d'un dimanche après-midi qui s'évanouissait dans un bleu venu d'on ne sait où, je regardai l'heure, sentant monter en moi ce désir d'une évasion de proximité. Pourquoi pas le cinéma me dis-je. Rien ne semblait devoir faire écran à ce désir que dans l'instant je voulus assouvir. Et c'est ainsi qu'avec Annie je me retrouvai dans le hall. Répondant au sourire interrogateur de la caissière occasionnellement ouvreuse je lui annonçais de ma voix à la virilité inclusive Seule sur la plage la nuit. Un film coréen. Mais pas un de ces films coréens que d'habitude j'affectionne où ça défouraille dans tous les coin. Non, là c'est une invitation à entrer dans le pays du matin calme. Je ne vais pas tourner autour du kimchi, j'ai aimé. L'héroïne, une actrice sur le banc, s'interroge sur la vie, l'amour, le désir, l'assouvissement, la solitude à laquelle nous ne saurions échapper. Les hommes, dénués de tout honneur et fierté, semblent ne plus être qu'accessoirement les vecteurs du plaisir. Certaines scènes ne sont pas dénuées d'humour. L'ensemble prend le temps du jours comme la mise en scène minimaliste servie par une caméra qui épouse la lenteur des mouvements. On pourrait presque croire que c'est mon beau-frère qui est derrière l'objectif. De l'anti Lelouch. Voilà. Je vous encourage à aller le voir. Vous aurez la confirmation d'une différence de taille entre le mâle coréen et le mâle occidental.  

seule sur la plage

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14 janvier 2018

Un après-midi musical

Donc, hier, peu après les cloches de midi, Jorge au volant, nous voici partis. Go west. Dans une grisaille environnante qui s'accrochait aux protubérances ainsi qu'aux regards, nous roulions dans la quiétude du défilement. Notre destination? Trouville. Trouville et la Touque que nous traversâmes. Trouville et ses planches que nous arpentâmes. Trouville et son sable que nous foulâmes. Trouville et sa plage que nous regardâmes, découverte par une mer lointaine que nous devinâmes dans un horizon de grisaille figé par le froid. Mais que faisions-nous là, à nous geler arpions et bout du nez? Nous avions bravé pour un lancement. Mais bordel, quel lancement vous entends-je avec impatience me demander? Le lancement du festival Le sable les mouettes et les guitares électriques à l'initiative et organisé par l'équipe oh combien sympathique et compétente de la Machine à sourd qui irrigue notre région de cette musique que nous aimons tant et qui aura lieu du 17 mars au 20 juillet 2018. Pour ce faire, nous nous sommes retrouvés au club-house du tennis club de Trouville. Entourés de personnalités représentatives du canton et néanmoins mécènes attentifs à la diversité culturelle, d'amis chaleureux et de quelques galettes des rois d'une excellente facture arrosées d'un cidre local et de bière pour les hommes, des discours ont été prononcés au cours desquels on loue, on remercie et l'on scelle les liens que l'on espère indéfectibles. Après quoi, nous avons mangé et bu sans qu'aucun.e roi ou reine ne soit sacré.e. Et puis, clou vibrant de l'après-midi, Jorge, installé sur un tabouret gentiment prêté par la production qui ne recule devant aucun sacrifice pour le confort des artistes, nous interpréta quelques chansons, nous gratifiant de sa touche d'émotion dans l'ombre d'un jour finissant. Et puis, nous dûmes nous quitter après quelques ultimes bises et sourires, certains que nous n'allions pas tarder à nous revoir. Et encore bravo.   

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Un soir au concert

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Je sortais donc d'un jour de grisaille sablonneuse pour entrer dans la nuit noire. Mollement répandu sur le canapé, je regardais l'écran. A ce moment précis, j'étais en avance. Ou pour le dire autrement, j'avais du temps devant moi. Il ne me restait plus qu'à attendre qu'il passe derrière. J'ai donc attendu. Je me suis laissé bercer par ce temps qui passait, là tout près, créant ainsi une douce intimité qui m'a mené vers l'assoupissement. Plus tard, je me suis réveillé et je n'ai pu que constater que je n'avais plus de temps devant moi. Pour le dire autrement, j'étais en retard. En retard pour quoi? Pour aller écouter les Popping Hole. Afin de rattraper le temps, j'ai couru après. Mais comme aimait à le dire Balenciaga, le temps se dérobe. Je finis par pousser la porte de l'Appart bar et là que vois-je? Au bas mot, dix fois plus de spectateurs que la dernière fois qui ne l'est que provisoirement. 
Il se dit que la deuxième fois ce n'est pas pareil et même parfois moins bien. Encore heureux et ce n'est pas plus mal. J'allais écouter Popping Hole pour la deuxième fois. Je ne vais pas tourner autour du trou (c'est limite), j'ai aimé. Plus que ce qui fut la dernière fois. A part les ballades, car comme le dit Bibis avec cet humour très particulier "on n'est pas là pour se promener", j'aime tout de la musique version Popping Hole. La pop, le ping et le hole. Et puis, en les écoutant et en les regardant, on se dit qu'en lâchant davantage prise, ils peuvent provoquer le déchaînement. J'aime leur humour, ce léger détachement, cette mise en abîme. J'attends avec impatience leur production vinylique. Et encore bravo.    

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10 janvier 2018

Résolution 2018 (3)

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Me remettre à la danse. Eventuellement

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09 janvier 2018

Coupures impures

Lenteur des couleurs. Senteur des couleuvres. A l'heure du bonheur. Allure des nervures. La peur de la froideur. Quand meurt la torpeur. Leurre du facteur. De multitudes similitudes. Rides arides. Traverse les inverses. Moqueuse morveuse. Quand copulent les renoncules. Profondes ondes. Mon ange dérange. Dans la fange des étranges. Lunaire débonnaire. Proche des encoches. S'accroche anicroches. Frileuses et mélodieuses. Souvenir des désirs. Des ruptures obscures. Passé trépassé. Dans les fracas des carcasses. Va et s'en va. L'envers amer. Attendre tendre. D'abord les abords. Dernier baiser.  

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08 janvier 2018

Résolutions pour 2018 (1)

Me remettre à la plongée

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Pipette

L'autre jour, je voulais échapper à la mort, aux morts, à tous les morts, les célèbres et les anonymes, ceux en grandes pompes qui me pompent, les oubliés du lointain qui disparaissent sans chagrin. Alors rions, me dis-je. Je comptais sur le hasard. Pour ce faire, je pris possession d'un magazine, une de ces publications à choix multiples qui élèvent l'éclectisme au rang de culture du contemporain. Je feuilletais donc à l'affût d'un titre qui titillerait ma curiosité. C'est ainsi que je tombais sur un article qui relatait le fonctionnement d'une banque de sperme nouveau genre située en Norvège. La nouveauté ne concernait pas la méthode permettant de récolter mais le statut du pourvoyeur qui de donneur devenait vendeur, à raison de doses de 0.5ml chacune. Le prix est fixé en fonction de critères tels que l'âge, la taille (du donneur), le poids, la couleur des cheveux, l'hygiène de vie, le nombre et la vivacité des spermatozoïdes..., le prix pouvant varier du simple au triple. Le comble du luxe étant de posséder un donneur exclusif. Et comme nous vivons dans un monde du combien, un encart faisait état de la production. La production moyenne de sperme tout au long d'une vie, sans qu'il soit précisé s'il était tenu compte d'une éventuelle ablation de la prostate. Donc un homme ayant tout de moyen et ne les ayant pas perdus, aura produit avant son dernier souffle 20 litres de sperme. J'ai fermé les yeux et j'ai imaginé vingt bouteilles de ce trouble liquide alignées. Et bien sûr, à l'heure de l'écriture inclusive, le versant féminin de l'affaire ne fut pas négligé. C'est ainsi que j'appris qu'une femme, en moyenne bien sûr, recevait, c'est le terme employé, treize litres du même liquide. Évidemment, je me suis posé un certain nombre de questions dont je n'ose vous faire part que de celle-ci: mais où sont passés les sept autres litres? Vous aurez également remarqué le caractère hétéro de l'article et le fait que je me suis tenu éloigné du mauvais goût, jusqu'à cette dernière phrase.

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