Objectif négatif

17 février 2019

Entrelacs

Entre tes lèvres printanières, je me souviens de nos oublis. Tu léchais la lenteur des langueurs. Tu me parlais du goût salé des fruits. Il était temps de s'écouler dans le delta. Tu prenais langue non loin des écartements. Comme une nuit d'été, nos ombres s'allongeaient. Parfois, nous nous aimions de loin, de si loin. Les débris finissaient par s'ébruiter. D'un doigt humecté, je choisissais la page à la découverte des plaisirs pairs et impairs. Jusqu'à la confusion.

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Un soir au cinéma

Un grand

Quand j'étais petit, en attendant mieux, j'écrivais des poèmes. Ou plutôt, un poème qui n'en finissait pas. C'était une sorte de plan séquence poétique qui reflétait la peur que quelque chose puisse finir. A la fin, ou plutôt un peu avant que je ne l'abandonne, mon poème était devenu une accumulation de mots qui privilégiaient les sons, les formes dont le sens, si le lecteur y tenait, était laissé à son interprétation. Mais à ma connaissance, je pense avoir été le seul lecteur sans pour autant être certain de l'avoir jamais relu.
C'est comme ça que je me suis retrouvé salle 4 non sans avoir traversé le hall où Annie m'apparut quel que peu évanescente alors que je croisais Sam et Laura. Salle 4 dans un fauteuil qui grince au plus léger clignement d'yeux. J'étais là pour voir Di qiu zui hou de ye wan qui pour les non érudit pourrait ainsi se traduire Un grand voyage vers la nuit, de Bi Gan. Je me suis retrouvé là par le plus grand des hasards. Autant vous le dire tout de suite, pour autant qu'il y en ait une, l'histoire n'a aucune importance. Bi nous balade. Au début il nous largue littéralement dans un univers où chacun tente de s'y retrouver, de s'orienter, de démêler les lignes temporelles. Je n'ai pas été totalement perdu puisqu'il s'agit d'amour. Amour flou, amour fou. Et puis, au bout d'une heure, comme si ce qui précédait n'avait été qu'une suite de préliminaires enchevêtrés, Bi, dont j'ignore tout de la sexualité, nous prend par la main pour une promenade au cours d'un plan séquence qui va durer une heure et qui va se terminer par un baiser. Ce n'est pas le seul du film, mais cet ultime baiser est d'une telle suave sensualité que ma langue s'est mise à onduler toute seule. Au cas où, j'ai regardé autour de moi et puis j'ai renoncé en entendant ma voisine renifler. En sortant de la salle j'avais encore une profonde envie d'embrasser mais Annie n'était plus dans le hall et je n'ai pas osé demander à quelqu'un d'autre. Donc, si l'on aime la poésie, l'amour, la lenteur, la sensualité, ça se tente.

A vous de voir. 

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Artmur

Corpor'elle

L1090089

 

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L'usure des pierres

Quand j'entends une flûte traversière

Reviennent les instants d'hier

Les lieux s'éloignent dans la lumière

Comme tes cheveux à travers la poussière

Se reflètent dans la clairière

Le fugace frôle mes prières

Et je me souviens de ta foi dernière

Entre les amours printanières

Je te regardais et j'étais fier

 

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16 février 2019

Artmur

L1090064

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Un soir au cinéma


clapton

Quand j'étais petit, alors qu'il m'arrivais, au milieu des craquements, de tourner en rond dans la cour de récréation, nous écoutions surtout des 45 tours, petites galettes au grand trou au milieu. Deux titres, quatre titres, face A, face B. Des où t'as mis la pochette? Des c'est qui qu'a mis mon Richard Antony sur le radiateur? Mon premier 45tours fut Rock'n roll music des Frost. Je ne savais pas qui était qui, qui couchait avec qui, qui n'avait pas été aimé par sa maman.
C'est ainsi que j'ondulais dans le hall où dans son manteau sans manche Anne semblait avoir le blues. Sans trop de difficultés, je me suis installé salle 2 pour voir Clapton. Je ne vais pas vous la raconter, j'étais là pour le découvrir, découvrir le musicien, son œuvre, sa musique, la création, une époque. Ah oui, dans la salle, à par moi, pratiquement que des vieux. Des ex patchouli et cheveux longs. Alors autant vous le dire tout de suite, quelle déception, mais alors là une déception à la hauteur du talent de Clapton. Si jamais vous allez le voir, vous pouvez partir après la première heure. Autrement vous avez droit à son enfance malheureuse, son manque d'amour maternel, ses amours contrariées, ses addictions diverses et variées, ses dépressions. Que des trucs dont je n'ai que faire. Résultat, très peu de musique. C'est un film que je qualifierais de too much not enough. Trop de blabla, pas assez de musique. Comme l'impression que ce truc lui a servi de thérapie.

A vous de voir.

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11 février 2019

un soir au cinéma

Quand j'étais petit et que tout me paraissait grand, les tensions et le mépris traversaient les cages d'escalier. Dans les cités encore chaudes des urgences urbanistiques, la séparation des corps sociaux paraissait faire partie de l'ordre des choses. L'ordre qui sans trop de mal maintenait chacun à sa place même si parfois il laissait place à la violence qui prolongeait le bras de l'autorité jusqu'à Charonne.

C'est ainsi que je poussai la porte de l'Omnia pour pénétrer dans le hall où dans l'ombre m'attendait une Annie tolérante. Comme béni des dieux en cette cathédrale, j'eus droit à la salle 2 où je me retrouvais entouré de femmes. Mais pourquoi tant de femme puisque je n'avais pas prévenu de ma présence? Bon dieu, mais c'est bien sûr. Viggo. Viggo Mortensen en personne. Viggo, l'homme dans toute sa splendeur. Une subtile virilité tapie dans les "chaloupements" d'un corps  qui à tout instant peut vous transpercer jusqu'aux tréfonds de vos suintants désirs. Toujours est-il que pour ce qui me concerne j'étais là pour voir un film dont le titre est Green Book. Pour couper court, si je puis m'exprimer ainsi, à tous les fantasmes, nous eûmes droit à un Viggo bedonnant, adepte d'une rare gloutonnerie. C'est donc l'histoire de deux hommes. Viggo, d'origine italiennes, homme de main du milieu qui ne se pose de question à propos de rien. Pour lui, la société est ainsi. A part la famille qui est sacrée, le reste est une question d'organisation, d'ordre établi. Comme disait je ne sais plus qui nous sommes toujours l'autre. Mahershala Ali quant à lui est un concertiste noir semblant intègre qui cherche un chauffeur pour une tournée dans le Sud des Etats Unis. A la faveur de leur périple à travers des états ségrégationnistes, nos deux héros, confrontés tous les deux à l'ordre établi, vont apprendre à se connaître, se respecter et naîtra une amitié. Rien que de très classique, conventionnel, attendu. Pour autant, c'est un bon film, avec une très bonne interprétation de Viggo que j'imagine bien éructer "You fuck my wife" tant il m'a fait penser à Robert de Niro. Comme le dirait Eva Bettan, un film d'une brûlante actualité.

green book


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Le Pinou

L1080995

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En soi

Je n’avais d’autre idée que de la regarder pousser
Elle me semblait toujours fragile mais pourtant agile
Elle se balançait dans le vent, souvenir d’un élan passé
Qui la guidait vers la vie en équilibre sur un fil
 
Toujours à la fin du jour, je l’entourais de mes mains
Comme une peur qui m’échappait et altérait mon amour
Je ne pouvais que deviner sa douceur et son parfum
M’envahissaient les regrets à l’approche du dernier jour
 
La couleur de ses pétales s’estompait dans la lumière
Je laissais glisser mon regard jusqu’au cœur
Les genoux en terre je m’abandonnais à sa prière
Elle serait éternelle comme le sont les fleurs

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07 février 2019

Un soir à la manif

C'est pour qui, c'est pour quoi? Faut dire qu'on finit par s'y perdre. Il y a des urgences partout. Des urgences jaunes gilestiques, des urgences rouges foulardées, des urgences rouges stylographiées. En résumé, tout le monde défend ses couleurs. Qui n'a pas sa couleurs n'existe pas. Un daltonien de mes amis m'avouait qu'il avait du mal à s'y retrouver. Toujours est-il que vendredi soir je m'y suis mis à mon tour et vu l'arc-en-ciel, il ne faut pas rater son tour.
Nous étions donc... Nous partîmes 300 cents de la place de la cathédrale. Mais avant les premiers pas, quelqu'un pris la parole, certainement pour nous expliquer quelque chose, mais comme souvent dans les manifs, la sono était pourrie et je n'ai rien compris. Je savais au moins que nous allions défiler pour sauver le climat. Une sorte de bouche à bouche géant. Nous avons emprunté la rue du Gros. Puis nous avons traversé la rue Jeanne d'Arc en empruntant le passage pour piétons. Ensuite nous avons marché sur le trottoir. Aucun CRS alentour, les vigiles des magasins nous regardant sourire aux lèvres, des passants portant des sacs marqués du mot soldes nous regardant avec étonnement. Après avoir osé emprunter la rue Armand Carrel, nous avons terminé notre périple à Saint Maclou pour un recueillement et pour crier une dernière fois "Changeons le système, pas le climat". Mais comme la sono était toujours pourrie, je me demande si ce n'est pas le contraire. Toujours est-il qu'arrivés à bon port, nous nous vîmes 300,
Et attention, ce n'est que le début.

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Préservons le climat rouen 2017

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