Donc, j'y suis allé. Salle une, à droite en haut des escaliers. Donc n'a peut-être jamais été aussi évident. Nous l'avons vu venir de loin. Une promotion qui nous l'a imposé comme une évidence. Nous ne sommes jamais obligé de rien mais des fois je me demande. Cela m'a rappelé quand j'étais petit. Quand je savais que ça existait sans jamais y être allé. J'avais la vague conscience que cela procurait du plaisir sans savoir de quelle manière. Il était là-bas, dans une rue sombre. un peu à l'écart. Peu éloigné du tunnel dans lequel s'engouffraient encore des locomotives à vapeur. C'était un cinéma de quartier. Je ne sais par quel truchement, en même temps quelle importance, mon papa avait appris la sortie de La grande vadrouille. Il nous annonça un soir qu'allez nous allions tous aller au cinéma voir La grande vadrouille. Avec de Funès et Bourvil, c'était sûr, nous allions bien rigoler. Je ne me souviens plus si j'ai "bien rigolé". Toujours est-il qu'il fallait l'avoir vu. Peut-être parce que tout le monde l'avait vu. Dis donc, t'as vu La grande vadrouille? Qu'est-ce que c'est rigolo.
Donc, après avoir lu le livre, regardé la bande annonce, lu les articles et critiques, entendu les reportages et autres interviews, appris que l'auteur avait participé au scénario (un bon écrivain est-il par nature un bon scénariste?), écouté les commentaires dithyrambiques de proches rencontrés non loin d'ici, je me retrouvais devant un écran blanc sur lequel allaient bientôt apparaître les premières images de En revoir la-haut. Comment vous dire? Comme le dit un des mes beaux-frères à propos de tout et de rien, je ne suis pas parvenu à rentrer dedans. J'avais pourtant été bien conditionné. Comme le dit un peu abruptement Jorge qui en a déroulé de la pellicule, je cite "C'est du Jeunet sans Jeunet". Je ne vais pas tourner autour de l'objectif, j'ai trouvé ce film très moyen. J'ai eu l'impression que Dupontel n'avait pas voulu ou pas su choisir. A vouloir tout mettre, le sépia, la grosse émotion avec gros plan sur des yeux humides (nous sommes prévenus que c'est là qu'il faut pleurer), des mouvements de caméra qui vous ramène votre quatre heures au bord de la glotte, la grosse artillerie décorative, Dupontel ne nous propose aucun point de vue, privilégiant la forme. Une mise en scène plus légère, un peu de pudeur dans les sentiments, des personnages un tantinet moins caricaturaux, un peu moins de niaiserie sentimentale ne m'auraient pas déplu.
Voilà. Je garderais Niels Arestrup et quelques moments rigolos. Au revoir.

Au revoir