Un soir au concert
Welcome.
Comme souvent, pour ne pas dire toujours (je l'ai dit), pendant les longues semaines précédant l'évènement, j'ai ressenti l'angoisse de l'organisateur. L'envoi d'invitations (payantes), dans les débits de boissons et autres lieu de perdition et d'enchevêtrements contre-nature, le dépôt d'affiches (dont je doute de l'efficacité) de fabrication artisanale peaufinées avec un savoir faire ancestral que n'aurait pas renié Alfons Mucha ni Raymond Savignac , le bouche à oreille, deux orifices dont la profondeur peut révéler les reliefs d'une hygiène incertaine et pour finir les rencontres fortuites, ou pas, qui se terminent par le célèbre "Dis donc, au fait..." après avoir subi une conversation au mieux sans intérêt. Ensuite? Ensuite c'est l'attente, temps de latence. Au début je consulte Helloasso au moins une fois par jour. Mais rien. Le silence du vide. Je commence à casser les... pieds à mon entourage. Je suggère des relances, peste contre les membres de la famille qui ne se manifestent pas. Je suis insupportable. J'ai participé à l'organisation de moult concerts mais c'est à chaque fois la même chose. De plus, cette fois-ci ma crédibilité auprès de Welcome était en jeu. Longue introduction qui n'est pas sans me procurer quelque plaisir, solitaire j'en conviens. Plaisir que vient tempérer mon engagement à chanter. J'allais organiser mon propre concours de t-shirt mouillé.
Donc samedi, grâce à toutes les bouches et toutes les oreilles, la salle Simone Signoret, gracieusement et gentiment prêtée par la municipalité d'Amfreville, était pleine, pas comme un œuf puisque un œuf n'est jamais plein. Après une excellente et touchante présentation par Christine de l'association Welcome toute d'humanité et de conviction, les duos se sont produits. Nous passerons rapidement sur le premier si ce n'est pour souligner la patience, l'abnégation, la mansuétude et le talent d'accompagnateur et de compositeur de Philippe. Ensuite, les duos d'une soirée ou de toujours ont ravi l'assistance, formule convenue je le concède, assistance qui n'a pas dissimulée son plaisir et son envie de connaître à nouveau une telle soirée. Cette manifestation, pacifique et festive, fut une réussite collective. Les artistes généreux, désintéressés au talent affirmé et non dénués d'humour, les bénévoles ayant œuvré en amont, nos quatre tenancières de bar accortes et efficaces, les hébergées ayant cuisiné pour les musiciens, le public et j'en oublie. Si effectivement je cache bien ma satisfaction, que la joie demeure en mon for intérieur (je suis parfois mystique plutôt gris). Je pourrais prolonger à l'envi ce compte-rendu mais point trop n'en faut. Comme le dit Sylvain, notre chef comptable, quelle abnégation, "excellente recette" que cette formule. Merci pour tout et pour le reste.