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Objectif négatif

30 juillet 2026

Avec ou sans (1)

L'autre jour, tout à fait par hasard, j'ai regardé un documentaire, de courte durée, sur le cunnilingus. Quand je dis le cunnilingus, il serait plus correct de parler des cunnilingus, car en la matière il y a plus d'un âne qui s'appelle Martin. Autrement dit, il y a cunnilingus et cunnilingus. Comme tout homme qui ne doute de rien, surtout pas de sa capacité à faire hurler, j'étais persuadé d'être une pointure dans le domaine. J'ai pourtant dû en rabattre. La prochaine fois, je tournerai sept fois ma langue dans ma bouche avant de songer à fanfaronner. J'ai en quelque sorte actualisé mes connaissances. Je m'en doutais, mais la taille de la langue ne fait rien à l'affaire. C'est plutôt une pratique qui réclame, qui exige une extrême précision. Comme le disait Sacha Guitry, homme de goût s'il en fut, il n'y a pas de femmes frigides, il n'y a que de mauvaises langues. Et de fil en aiguille, j'ai fini par me poser une question.

30 juillet 2026

Et parfois c'est différent. J'ai l'esprit ailleurs. Les pensées défilent sans s'accrocher, sans faire de dégâts. C'est d'abord une impression, une sensation. Comme une brise qui ne ferait pas encore murmurer les feuilles des arbres. Tu es encore loin mais je me doute que c'est toi. Une forme, une silhouette qui semble immobile. Je devine alors que c'est toi. Maintenant tu marches distinctement. Tu te rapproches. J'ai l'impression de te voir sourire. Tes cheveux caressent tes épaules. Je pourrais bientôt te toucher, entendre ta voix. Je sais que dans quelques secondes tu disparaîtras. Pourtant je laisse la pellicule projeter ton image sur l'écran avant d'entendre la bobine tourner dans le vide et laisser place à une lumière blanche. J'essaye de te retenir mais en vain. La prochaine fois peut-être. 

19 juin 2026

Ça tombe bien
Quand brume le matin
Les morts ont-ils du chagrin?
Quand tout est fini
Sont-ils vraiment partis?
Encore égarés
Sommes-nous vraiment restés?
Comme un somnambule, il déambule au milieu du calme des âmes. Des regrets et des espoirs en lettres dorées. Le temps s'est refermé.

 

19 mai 2026

A temps

Je ne sais plus de quel matin il s'agit. Dans le fond cela n'a pas d'importance même si j'aimerais m'en souvenir. Ne serait-ce que pour poser une borne, comme une plaque qui célébrerait ma décision. Je sais qu'il m'a fallu du temps pour me décider. Je voulais me mettre dans les meilleurs conditions. Devais-je partir, aller ailleurs? Il devait exister un lieu idéal, un lieu qui m'éloignerait, où l'arrivée du matin se ferait l'air de rien, comme un non évènement

11 mai 2026

Un soir au concert

Effectivement, je le confesse, vous avez été extrêmement très nombreux, voire extrêmement très nombreux sur les roseaux sociaux à me réclamer à corps et à cris quelques mots, voire des phrases, à propos du concert de vendredi dernier au 106. J'ai cette fois-ci quitté sans problème mon canapé. Comme toujours, il s'agissait de ne pas partir trop tôt pour ne pas arriver trop tard. Ayant pénétré avec détachement et décontraction dans le hall, je pus constater qu'à quelques exceptions près, étaient présentes des personnes de qualité qui furent aussi émerveillées que pleine de désir de me voir m'approcher d'elles.

Pour ce qui est du concert, je pourrais me contenter de vous dire que j'ai beaucoup aimé, mais je devine votre immense et légitime frustration. J'étais donc là pour écouter Arthur Satan, groupe dont j'ignorais l’existence il y a encore quelques semaines. Cinq musiciens, dont un clavier pour introduire les mélodies avec douceur et élégance. Oui, car l'énergie déployée ne nuisait en rien à l'unité des chansons que l'on pouvait reconnaître aisément même si elles pouvaient être quelque peu différentes des enregistrements. Des mélodies disais-je, rehaussées de passages musclés permettant d'apprécier une dextérité de bon aloi mais évitant l'ostentation. Un chanteur au look de garçon boucher, peut-être apôtre de François Hadji-Lazaro, à la voix claire et convaincante et au jeu de guitare ponctué de fulgurances. 

Comme seules réserves, un batteur plus discret au jeu plus varié serait un plus, tout comme davantage de chœur sur certains titres ne serait pas de trop. Comme souvent ou toujours dans la petite salle, le concert fut trop court. 

En début de vidéo vous devinerez deux dodelineurs se laissant entraîner dans le tourbillon de la passion.

    

11 mai 2026

Dans un autre temps des tentations, s'étouffaient les lamentations. Au fond des gorges s'enfonçaient les regrets. Au bord des larmes, s'échouaient la tristesse. Près des tremblements, imploraient les mains. Le long des travées, trainaient le pieds. Dans la poussière, suintait la déveine. Sur les lèvres, se lisait la lassitude. Au travers de la brume, se lassaient les yeux. Nous n'échappions plus à rien. Nous tentions le soir de nous dire qu'il n'était pas trop tard. Nous remarquions que le soleil continuait de se lever et de se coucher. Comme si de rien n'était, nous faisions semblant. Nous devenions craintifs. Nous étions emportés loin de la rive. Demeuraient les croix de nos amours caressées par le vent de nos regrets. 

3 mai 2026

Un soir au concert

Vous en reprendrez bien une.

Sur le moment nous étions aujourd'hui même si le présent filait. Restait à nous laisser entraîner. Et à force d'instants, le temps passait jusqu'à devenir hier. A la réflexion, le présent est une savonnette humide. Donc hier, je me suis rendu à l’Époque. Je dois vous avouer qu'au début, j'ai hésité à effectuer le déplacement. Il me fallait quitter le canapé, vérifier subrepticement si j'étais sortable, décider si je devais préventivement aller aux toilettes. Ma vie est faite de détails comme un bûcher fait de brindilles (je ne suis pas certain de voir le rapport). La décision prise, je suis sortie. A travers les rues pas loin d'être grouillantes, je me suis rendu sur zone. J'ai traversé la terrasse sans reconnaître qui que ce soit. A l'intérieur, hormis notre Wicket rasta affublé de lunettes lui donnant l'air de venir d'un autre monde, personne de connaissance, du moins pour débuter (voir vidéo). Je m'installais et attendis. Pas longtemps.

Avant même de trouver le temps long, apparu sur la scène un jeune homme aux long cheveux blond. Il ne m'était pas inconnu. Pourtant, tout en écrivant ces mots, je me rends compte que je ne connais pas son nom. Au moins, je ne l'ai pas oublié. Quoi qu'il en soit, muni d'une guitare sèche et d'un matériel qui donna un excellent son à sa prestation, il chanta des reprises. Mais il ne s'en contenta pas, sinon à quoi bon. Il revisita ou plutôt augmenta quelques chansons connues ou pas. Sympathique garçon avec un léger look à la feu Rick Parfitt sans le boogie. Prestation sobre non dénuée d'humour et avec ce talent d'associer le public sans trop en faire. Autrement dire, il ne cabotine pas. Doté d'une voix claire qui s'aventure dans les modulations, son jeu de guitare ne fut pas sans surprise que permet l'aisance. Avant de terminer, je remercie le public respectueux et participatif avec parcimonie.   

Joyeuse soirée. 

30 avril 2026

Evasion

L'oraison sans raison

La trahison de l'horizon

La révolution des circonvolutions                                              

La fusion des saisons

L'évasion des allocutions 

La fraction des sucions

Dans l'aliénation des scansions 

Jusqu'à l'illusion des créations

Personne n'écoutait, alors pourquoi pas. Il comptait pourtant sur un soupçon de curiosité. Comme l'avait écrit Asyl Stus "Les peurs, c'est du passé. Marchons droit aux rêves."  Il s'était résolu à abandonner tout sens. Lors d'une faction sans utilité, il s'imagina reprendre tout depuis le début. Un début tel qu'il se l'imaginait. Un début encore sans jugement fait d'égarement, d'effarements, d'émerveillements. Son regard se perdit. Il était sujet aux disparitions. L'oubli alors l'aspirait hors de sa mémoire. Cette fois-ci un grondement accompagné de tremblements et de fumée le ramena à la surface. Si on lui avait posé la question, mais qui, il aurait été bien incapable de dire d'où il revenait. La fréquence des impacts augmentait et semblait se rapprocher. Il avait conscience que ses observations manquaient de précision. Qui s'en souciait? La platitude grumeleuse du terrain qu'il observait à nouveau écrasait les distances. Des monticules provoquaient des ruptures au milieu de l'immensité. Ils s'immisçaient dans la lassitude. Il leur trouvait une ressemblance avec des tombes rebouchées à la va vite. A chaque fois, il se faisait la réflexion que les croix faisaient défaut. Il vivait un temps de disparitions. La dernière fois qu'il s'était rassemblé avec les autres pour se mettre à l'abri, il n'avait reconnu personne. Au coup de sifflet, comme les autres, il sortait du boyau et courait. Dans l'idéal, il aurait fallu aller jusque là-bas avant de prendre la direction de l'au-delà. Il n'allait jamais aussi loin. Il finissait par ralentir. Il lui arrivait de mettre un genou à terre et de viser. Il visait le hasard. Il appuyait et sentait le choc contre son épaule. Il fermait les yeux le temps que la balle atteigne il ne savait quelle cible. Faute d'obstacle, elle devait sûrement finir par s'enfoncer dans la boue. Celle qui collait à ses brodequins ralentissait son pas. Essoufflé, il faisait une pause avant de rejoindre la tranchée. Soulagé, presque surpris d'être toujours en vie, il s'adossait contre la terre brune en attendant les ordres. Il ne savait pas qui remercier. Pendant un court laps de temps, il ressentait le besoin de serrer quelqu'un dans ses bras, de sentir un corps contre le sien. Il aurait fait l'amour comme jamais.   

 

25 avril 2026

Un soir au concert

Also solo

Nous étions jeudi soir. Depuis déjà depuis de nombreuses semaines, l'artiste silencieux teasait par l'intermédiaire des réseaux sociaux et bruissait à travers la ville et la campagne la rumeur, cette rumeur qui fait vibrer les zones érogènes comme dit Gégène. Et c'est ainsi que s’égrenait lentement le compte à rebours de notre impatience qui allait nous conduire de l'avenir vers le présent, un présent que l'on devinait à nul autre pareil, fait de ah ah et de ouh ouh nous parcourant les membres réceptifs et impatients de se aller aux plaisirs chromatiques. 

Et c'est ainsi que jeudi soir, nous nous sommes retrouvés à la Baraque, lieu associatif, convivial, accueillant sans manière et pourtant dénué de sarouel mais pas de sourires. Donc tout le monde était là, ou presque, un presque imperceptible. Arrivé assez en avance pour être sûr de trouver assise, je pus (rigolo) observer l'artiste, se mouvant dans sa solitude, se préparer, branchant tout ce qui devait l'être et maniant les jacks, chères à Gainsbourg, avec dextérité et doigté. On croit toujours qu'il lui suffit d'arriver, de se mettre au clavier et c'est parti. Que nenni, ce serait faire fi des préliminaires qui mettent dans les meilleurs dispositions pour se donner à son public.

Donc, Gene Clarksville, seul en scène nous offrit un concert... C'est là que vous vous demandez "mais que va-t-il pouvoir dire après tous les autres concerts qu'il a déjà relatés. C'était, après Mano, que je voyais et écoutais Clarksville se produire seul, sans artifices aux sons dans lesquels parfois se diluent l'âme et le talent de l'artiste. Il est vrai que Gene, s'il permet que je l'appelle Gene, sera toujours Gene, un éclat dans l'ombre de la médiocrité et de l'artificiel qui chaque jour tentent de de nous enfoncer au plus profond de la médiocrité et de la vacuité.

Mais le public, vidant bouteilles et verres avec dextérité et gourmandise, avide de fraîcheur et de plaisir non frelaté se pressa nombreux et joyeux, frémissant d'écouter un artiste vrai qui ne triche pas, heureux d'apporter ce quelque chose, cet indicible plaisir que procure la création. Devant un public conquis mais exigeant, le chanteur multi instrumentiste fit, sans ostentation, étalage de sa technique au service de sa sensibilité et de sa générosité. Et quelle ne fut pas ma surprise de voir Monsieur Clarksville se munir de sa guitare pour interpréter quelques titres. Quelles que soient les cordes, il sait sait les faire vibrer. 

Pour terminer, ou presque, une ronchonnerie. Je déplore les rires et éclats de voix qui viennent perturber et altérer l'écoute du concert et que je ressens comme un manque de respect pour l'artiste. Cest peut-être la loie du genre.

Toujours est-il que ce fut un excellent concert. Merci et chapeau garni.   

17 avril 2026

Le casque et l'enclume

Quand j'étais petit, peut-être même davantage, la douceur, le renouveau des couleurs et l'épanouissement des bourgeons ne pouvaient adoucir l'angoisse qui, telle une poisse, m'accablait le long de mon interminable parcours scolaire jonché de contrôles lamentables, de carnets catastrophiques, de cahiers s'apparentant à des torchons. La pédagogie du résultat déjà m'accablait m'interdisant une vie faite de légèreté et d'insouciance.

Hier, entre deux je ne sais quoi, j'ai poussé non le bouchon mais la porte me donnant l'accès au hall où planait le souvenir d'Annie. Après avoir fait la bise à la caissière, pourquoi lui refuser ce petit plaisir, je grimpai l'escalier menant à la salle une. J'étais là pour regarder "Une fille en or" de Jean-Luc Gaget. Pas d'apriori (réforme 1990), prêt à me laisser porter par une histoire dont j'ignorais tout, ou presque. Une comédie avec le couple Pauline Clément et Arthur Dupont, ce qui nous change de Bourdon-Clavier. Comment faire sa place dans sa famille, dans la société et au boulot. Le tout traité avec légèreté, humour et élégance. Tel est le sujet qui peut permettre de s'identifier. Durée 1h26, suffisamment rare pour être souligné. Agréable parenthèse avant de retourner au front. A vous de voir.

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