Un soir au concert
Tombée depuis longtemps et assombrissant la grisaille du jour, la nuit se prélassait le long du fleuve. Des ombres, autochtones depuis peu, s'adonnaient à des rituels qui se dissimulaient dans les fumées aux odeurs venues d'ailleurs. Après avoir longé les qua
is dans une fraîcheur brumeuse qui frôlait mes joues, je suis arrivé vierge au 106. Totalement vierge, c'est vrai qu'il est difficile de l'être à moitié si ce n'est en raison d'une maladresse, car je n'avais jamais rien entendu du groupe qui allait se produire. Alors pourquoi? D'une part, parce que mon beauf m'avait conseillé de faire le déplacement et parce qu'avec un nom pareil, Black Rebel Motorcycle Club, ils ne pouvaient qu'être bon. Pari risqué.
Bien sûr, je retiendrai le titre Beat the devil's tatoo. Titre emblématique avec les voix traînante de Peter Hayes, dont je n'ai pu distinguer le visage dans l'ombre d'une capuche qui aurait pu appartenir à un shamane, et Robert Turner dont le papa, ai-je appris, est le chanteur de The Call. Pour tout dire, je crois que je n'ai pas tout aimé et inversement. Tout compte fait, j'aurais dû m'en fumer un avant de venir. Atteignant des sommets j'aurais encore davantage apprécié certains morceaux. Les voix lancinantes, la musique envoûtante. Sur le chemin du retour, avant de changer de rive, je cherchais un mot, un mot qui pourrait rendre compte de mon impression (passionnant). A chaque coup de pédale un mot. Fondation. Déconstruction. Éviction. Pénétration. Tourbillon. Destruction. Dépression. Insurrection. Éruption. Inspiration. Ce que j'ai sûrement aimé c'est la puissance ruisselante qui par moment submergeait, s'écoulait et s'échappait comme un esprit fatigué d'errer.
Bon bah voilà. Un concert sans rappel, c'est pas plus mal. Mais je me souviendrai d'eux.
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