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Objectif négatif

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23 octobre 2026

Ah! Signes, qui est l'anagramme de singes, de vie. Le temps passe comme les jours. C'est d'une cruelle banalité. Plus je m'éloigne de la jeunesse, plus j'ai l'impression que chaque jour commence et finit plus tôt que le précédent. Depuis quelque temps, sans que cela soit morbide, je pense à ma mort, à ma disparition de la surface. Je prends réellement conscience de ma précarité, de ma fragilité. Un jour ce sera fini jusqu'à la fin des temps. Vertigineux. Je trouve que le temps est un sujet passionnant. D'autres en ont saisi l'intime. Voici pour l'introduction.

Je ne sais plus trop où j'en étais des nouvelles. Quatre petits enfants font partie de ma vie. L'autre jour l'un d'eux m'a demandé de raconter des blagues. Je demeure le comique de la famille. Pour ce qui est de la santé, elle ressemble à un mur dont les briques tomberaient une à une. Un cœur quelque peu défaillant, ce qui altère la vie de tous les jours. J'ai atteint le palier du traitement pour le restant de mes jours.

Ici c'est la tempête. J'entends le vent et ses bourrasques. Autrement, bien que je n'y puisse rien, tout m'inquiète et même me désespère. Comme l'on dit maintenant, c'est factuel. Nous allons gaiment nous fracasser. J'arrête, sinon je vais pleurer.

Plus réjouissant, je continue à organiser des concert et autres réjouissances à caractère culturel. Je ne sais pas si je t'en avais parlé, dernièrement je suis devenu producteur pour un groupe de copains. Si ça te dit, tu me donnes ton adresse et je te l'enverrai même si, comme beaucoup, tu n'as plus de chaîne.

Et toi alors?

Je t'embrasse  

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19 octobre 2026

Depuis longtemps, je m'intéresse à l'espace, à ce qui s'y passe. Pourtant, je regarde rarement le ciel. Les lumières urbaines nous laissent peu le loisir de voir les étoiles. Comme les insectes, on pourrait croire qu'elles disparaissent. A croire que d'une façon ou d'une autre, nous sommes à l'origine des disparitions. J'ose croire qu'il nous restera toujours la tendresse et l'amour. Mais pourquoi cette curieuse entrée en matière? 

L'autre jour j'ai regardé un documentaire sur la sonde Voyager1. Cette sonde, après avoir cotoyé quelques planètes et parcouru huit milliards de kilomètres, a fini par quitter le système solaire pour s'enfoncer dans le vide sombre et infini de l'espace inconcevable. Et, je ne sais pas pourquoi, enchaînement des pensées, je me suis dit que mes messages étaient comme cette sonde, envoyés et qu'un jour ils rencontreraient l'instant d'un autre temps qui ne me serait pas tout à fait étranger.  

12 octobre 2026

Dénègrement

Étonnant. Étonnant comme tout cela est prévisible. Étonnant comme l'on peut s'attendre à ce que tous ces regards se focalisent sur les doigts qui montrent, toutes ces oreilles qui n'entendent que le bruit des voix qui s'élèvent de ne pas être entendues. Il n'a fallu que quelques heures pour que se mobilisent les réseaux de la réaction, pour que se tendent les micros au plus près des bouches des tenants de l'ordre, de la répression, pour que se déversent sur les ondes le dénigrement, le mépris, les moqueries, la légitimation de la répression, le refus d'entendre. Et l'on nous expliqua doctement que les lycéens étaient des privilégiés, qu'ils étaient manipulés, qu'ils se plaignaient sans raison. Le jeune doit subir et se taire. Il ne peut participer à la vie démocratique en tant que citoyen de seconde zone. Sa parole n'a aucune valeur.

En revanche, le jeune est violent, le jeune est un casseur (1) qui mérite les gardes à vue, les coups de matraque, les gaz lacrymogènes, les grenades, les mains arrachées. La colère du jeune n'est pas légitime alors que l'est celle de l'agriculteur qui saccage, dégrade, entrave. Les autorités et tous leurs sbires et autres affidés nous jettent au visage la violence des lycéens. C'est une violence franche, visible comme un coup de poing sur la table quand on veut enfin être entendu.    

Mais puisqu'il est question de violence, évoquons la violence faite aux sans domiciles, la violence faite aux familles qui tentent de vivre dans des logements insalubres, les violences faites aux femmes et aux enfants, la violence faite aux salarié(e)s exploité(e)s, la violence faite aux victimes des précarités, la violence faite aux victimes des diverses pollutions, la violence faite aux personnes victimes de discriminations en tous genres, la violence faite aux personnes isolées, la violence faite à ceux qui ne mangent pas à leur faim, la violence faite à ceux qui voient disparaître les services publics, la violence faite à ceux qui ne peuvent se soigner, la violence faite aux étrangers responsables de tous nos mots, la violence dont sont victimes ces français qui à tout jamais seront considérés comme issus de l'immigration, la violence faite à ceux qui ne savent plus, qui sont perdus, qui disparaissent dans le silence et l'oubli, la violence faite à ceux qui cherchent un regard, une main tendue.

6 octobre 2026

Avant de commencer ce petit compliment je souhaitais avoir une pensée et dire quelques mots en souvenir d’Hélène que je n’ai jamais appelée Hélène mais respectueusement Mme Jouyet. Je me souviens de son sourire, de sa gentillesse, de son humour, de sa culture d’un autre temps, qui était l’occasion d'échanges. Je me souviens de ses réactions offusquées suite aux saillies douteuses d’un de ses fils. Je lui suis reconnaissant pour la patience dont elle fit preuve à mon égard du temps où les règles du savoir vivre ne faisaient pas partie de mes préoccupations. Je n’ai pas oublié qu’Hélène et vous m’avez accueilli dans votre famille, ici à Ecos, là-bas à la Charte sur le Loire. Comme Georges Best fut le cinquième Beatles, je fut le cinquième enfant Jouyet.
Pour qui nous occupe aujourd’hui, Marie m’a demandé d’écrire un compliment à l’occasion de cette journée ensoleillée et bucolique. A ce propos je préfère que tu me règles en espèce. Marie m’a précisé qu’elle voulait un texte de haute tenue compte tenu du niveau des invités, des CSP+, voir ++. Des pointures comme elle aime à le dire . D’ailleurs à ce propos elle me précisa que contrairement à l’anniversaire de son frère Alain, ce ne serait pas le tout venant mais fallait s’attendre à une assistance de haute tenue triée sur le volet. Des membres de prestigieuses assemblées, un ancien d'EDF surnommé 110, un ex garagiste connu sous le pseudo Vince la Carambouille et j'en passe de plus pittoresques. Pour ceux qui ne me connaissent pas vous aurez peut-être du mal à saisir le sens de mes propos. Ce qui est normal car il faut avoir un certain niveau. 
Quoi qu’il en soit, il y a quelque temps j’avais retracé les 60 premières années de Michel. En venant, qu'on ne s'y méprenne pas, je veux dire en roulant, je me suis demandé qu’allais-je pouvoir dire de plus que je n'avais déjà dit. J’ai déjà labouré, et même profond pourrais-je dire, en long et en large les vies de certaines parties rapportées de la famille ici présentes. Pour faire culturel, je pouvais demander qu’elle ville symbolise 1956. Ou quelle est la relation entre 70 et le Mexique. J’aurais pu dérouler Wikipedia, histoire de mettre en évidence votre mémoire altérée par les ravages de l’âge. Car il faut bien le dire, plus le temps passe plus ce type de réunion sent le sapin le tout étant agrémentée d’endormissement. 
Pris par le temps, ce qui croyez-moi n'apporte aucun plaisir, mais persuadé que ce temps, dans toute sa bonté, nous permettra de jouer les prolongations, je délivrerai la suite de ce discours dans dix ans. Il sera peut-être plus hésitant, plus tremblotant, sans queue ni tête dont la mobilisation sera laborieuse, mais il sera non moins chaleureux et empreint de cette douce nostalgie que procurent les souvenirs que nous préservons précieusement. Joyeux anniversaire.   
3 octobre 2026

Avant que de commencer, un propos liminaire pour rassurer les anciens, prof de sport, les anciens élèves d'écoles de commerce et les étrangers, je serai à leur disposition pour leur expliquer ce qu'ils n'auront pas compris. A propos d'étranger, compte tenu du climat ambiant et des prévisions je leur conseille de consulter au plus vite google map pour trouver le chemin le plus court pour leur retour à la casa.

J'aurais pu commencer ce petit compliment musicalement par C'est fini, ou This is the end, ou Allez hop tout le monde à la campagne mais je choisirais plus volontiers Quand c'est fini n i nini ça recommence. J'ai décidé d'écrire ce chef-d’œuvre pour célébrer une œuvre, un effort, une constance, une opiniâtreté, pour ce qui pouvait apparaître comme un fantasme, une illusion, une utopie. Oui, j'ai du vocabulaire. Pour résumer, je souhaitais, je souhaite faire part à Pascale et à Luc de toute mon admiration pour non seulement avoir mené ce projet jusqu'à son terme, ce qui pouvait apparaît comme une folie, ce qui était le cas, et également pour avoir fait vivre cet endroit, pour lui avoir donné une âme, pour en avoir fait un lieu où l'on a envie de se retrouver. Autant plus les autres sont loin mieux je me porte, autant Pascale et Luc attire et ne sont jamais plus heureux lorsque leurs amis sont proches. Pour autant il fallait avoir la foi chevillée au corps pour ce projeter.

Il est vrai que la partie n'était pas gagnée pour celui qui a connu ce lieu à son origine. Quand j'ai découvert le lieu la tentation m'est venue l'envie de faire demi-tour. Pascal et Luc nous avaient dit, vous allez voir c'est charmant, bucolique, c'est un retour à la nature, c'est une sorte de paradis sur Terre. Confiant nous y sommes allés. Tu parles d'un paradis, un paradis de ruines, de mauvaises herbes, de ronces, de bestioles en tous genres, d'éboulis. A croire que Jacquou le croquant fut le dernier habitant de ce lieu dévasté  

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29 septembre 2026

Un soir au concert

Welcome.

Comme souvent, pour ne pas dire toujours (je l'ai dit), pendant les longues semaines précédant l'évènement, j'ai ressenti l'angoisse de l'organisateur. L'envoi d'invitations (payantes), dans les débits de boissons et autres lieu de perdition et d'enchevêtrements contre-nature, le dépôt d'affiches (dont je doute de l'efficacité) de fabrication artisanale peaufinées avec un savoir faire ancestral que n'aurait pas renié Alfons Mucha ni Raymond Savignac , le bouche à oreille, deux orifices dont la profondeur peut révéler les reliefs d'une hygiène incertaine et pour finir les rencontres fortuites, ou pas, qui se terminent par le célèbre "Dis donc, au fait..." après avoir subi une conversation au mieux sans intérêt. Ensuite? Ensuite c'est l'attente, temps de latence. Au début je consulte Helloasso au moins une fois par jour. Mais rien. Le silence du vide. Je commence à casser les... pieds à mon entourage. Je suggère des relances, peste contre les membres de la famille qui ne se manifestent pas. Je suis insupportable. J'ai participé à l'organisation de moult concerts mais c'est à chaque fois la même chose. De plus, cette fois-ci ma crédibilité auprès de Welcome était en jeu. Longue introduction qui n'est pas sans me procurer quelque plaisir, solitaire j'en conviens. Plaisir que vient tempérer mon engagement à chanter. J'allais organiser mon propre concours de t-shirt mouillé. 

Donc samedi, grâce à toutes les bouches et toutes les oreilles, la salle Simone Signoret, gracieusement et gentiment prêtée par la municipalité d'Amfreville, était pleine, pas comme un œuf puisque un œuf n'est jamais plein. Après une excellente et touchante présentation par Christine de l'association Welcome toute d'humanité et de conviction, les duos se sont produits. Nous passerons rapidement sur le premier si ce n'est pour souligner la patience, l'abnégation, la mansuétude et le talent d'accompagnateur et de compositeur de Philippe. Ensuite, les duos d'une soirée ou de toujours ont ravi l'assistance, formule convenue je le concède, assistance qui n'a pas dissimulée son plaisir et son envie de connaître à nouveau une telle soirée. Cette manifestation, pacifique et festive, fut une réussite collective. Les artistes généreux, désintéressés au talent affirmé et non dénués d'humour, les bénévoles ayant œuvré en amont, nos quatre tenancières de bar accortes et efficaces, les hébergées ayant cuisiné pour les musiciens, le public et j'en oublie. Si effectivement je cache bien ma satisfaction, que la joie demeure en mon for intérieur (je suis parfois mystique plutôt gris). Je pourrais prolonger à l'envi ce compte-rendu mais point trop n'en faut. Comme le dit Sylvain, notre chef comptable, quelle abnégation, "excellente recette" que cette formule. Merci pour tout et pour le reste.      

25 septembre 2026

Concert Welcome

Bonjour.

Comme le dit Agnès, une de mes nombreuses belles-sœurs, je ne peux m'empêcher de parler dans le micro, mais pour une fois c'est pour la bonne cause. Pour autant, comme me l'a expressément demandé ma famille, ne nous fait pas honte, je serai donc sobre, du moins verbalement.  

20 septembre 2026

Une journée au concert.

C'est après avoir économisé sou par sou tout au long d'interminables mois que je me suis décidé à acheter un billet pour Rock en Seine. Après avoir hésité entre le vendredi et le samedi où le nombre d'excités s'annonçait conséquent, je finis par choisir le premier et ce fut une première. Pour avoir fréquenté quelques festivals, la première caractéristique de celui est son étendue. Il m'a fallu crapahuter d'une scène à l'autre, au nombre de quatre. Une piste cyclable aurait été la bienvenue. A part ça le lieu était bien achalandé, boutiques en tous genres, avec notamment celle du festival avec des t-shirts pour le prix d'un pantalon,  cuisines de tous les continents et activités diverses dont concours de slips mouillés. Compte tenu du nombre de groupes programmés, il m'a fallu faire des choix. Et comme choisir c'est renoncer, la frustration est inévitable. J'ai notamment renoncé à Wilco, vu au 106, et à The Black Keys. Quoi qu'il en soit je n'ai pas regretté mes choix. Pendant que la foule se massait littéralement devant Wet Leg, j'ai découvert Tyler Ballgame au physique imposant et à la voix gracieuse, avec une reprise de Whithout you. Puis je me suis offert le sémillant et bondissant Russell Mael et son frère plus posé, accompagnés de trois bons musiciens. J'ai également découvert avec plaisir les irlandais de Kingfishr. Le groupe marseillais La Flemme m'a rapidement fatigué. J'ai terminé la soirée avec Frantz Ferdinand doté d'une énergie communicative. Je me trouvais à côté d'une fan absolue haute comme trois pommes à genoux qui gigotait dans tous les sens. Il restait Nick Cave mais j'en avais déjà plein le dos. Je suis repassé sur l'autre rive. A noter que quelle que soit la scène, le son fut excellent, en rien agressif. Seul incident à déplorer, lors du concert des Sparks, les effluves d'un pet sont parvenues jusqu'à mes narines sans que je puisse en identifier l'auteur. Un de ces pets sournois qui séjournent plus que nécessaire dans les entrailles de l'auteur avant de répandre son odeur fétide à l'air libre. Il en est ainsi de la promiscuité. 

Très bon festival.  

30 juillet 2026

Avec ou sans (1)

L'autre jour, tout à fait par hasard, j'ai regardé un documentaire, de courte durée, sur le cunnilingus. Quand je dis le cunnilingus, il serait plus correct de parler des cunnilingus, car en la matière il y a plus d'un âne qui s'appelle Martin. Autrement dit, il y a cunnilingus et cunnilingus. Comme tout homme qui ne doute de rien, surtout pas de sa capacité à faire hurler, j'étais persuadé d'être une pointure dans le domaine. J'ai pourtant dû en rabattre. La prochaine fois, je tournerai sept fois ma langue dans ma bouche avant de songer à fanfaronner. J'ai en quelque sorte actualisé mes connaissances. Je m'en doutais, mais la taille de la langue ne fait rien à l'affaire. C'est plutôt une pratique qui réclame, qui exige une extrême précision. Comme le disait Sacha Guitry, homme de goût s'il en fut, il n'y a pas de femmes frigides, il n'y a que de mauvaises langues. Et de fil en aiguille, j'ai fini par me poser une question.

30 juillet 2026

Et parfois c'est différent. J'ai l'esprit ailleurs. Les pensées défilent sans s'accrocher, sans faire de dégâts. C'est d'abord une impression, une sensation. Comme une brise qui ne ferait pas encore murmurer les feuilles des arbres. Tu es encore loin mais je me doute que c'est toi. Une forme, une silhouette qui semble immobile. Je devine alors que c'est toi. Maintenant tu marches distinctement. Tu te rapproches. J'ai l'impression de te voir sourire. Tes cheveux caressent tes épaules. Je pourrais bientôt te toucher, entendre ta voix. Je sais que dans quelques secondes tu disparaîtras. Pourtant je laisse la pellicule projeter ton image sur l'écran avant d'entendre la bobine tourner dans le vide et laisser place à une lumière blanche. J'essaye de te retenir mais en vain. La prochaine fois peut-être. 

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