S'il fallait raconter tout depuis le début, il faudrait encore remonter plus haut, mais à quoi bon puisque tout le monde s'en fout (je ne sais plus qui disait ça). Par des chemins détournés et par temps gris, nous sommes arrivés à Paris dans ce quartier au cosmopolitisme chatoyant situé près de la gare du Nord. Nous, car nous étions trois, presque quatre mais j'ai fini par me retrouver seul. Du moins provisoirement. C'est ainsi que j'ai arpenté les trottoirs. En réalité, je ne sais par quel miracle, trottoirs et chaussées ne faisaient plus qu'un en l'absence de tout véhicule à quatre roues. Je marchais dans cette confusion des espaces où j'y croisais la multitude dans ses habitudes des matins agités. Je progressais parmi les couleurs et les frous-frous virevoltants entre lesquels se glissaient les odeurs qui plus tard composeraient des plats prêts à être engloutis. Je descendis le boulevard Barbès parmi les vendeurs à la sauvette toujours prêts à se sauver et finis par me laisser absorber par une bouche de métro. J'émergeai dans une chaleur en devenir à Mesnilmontant et grimpai la rue du même nom où se trouve le pavillon Carré de Baudoin, lieu d'une exposition de Willy Ronis et de rendez-vous avec Carole et Antony, compagnons culturels du jour. A mi-parcours, je fis une halte sur une place ombragée et pris un café en terrasse accompagné d'un verre d'eau et d'une serveuse. J'entamai mon café et la lecture d'un quotidien qui tant bien que mal reste à gauche, en attendant le couple du jour. Peu passionné par l'actualité du jour, je regardai alentour et vis au détour d'un arbre apparaître Marie sans être certain que ce soit elle. Lorsque plus aucun doute ne fut permis quant à son identité, il était trop tard. Et c'est quelques minutes plus tard qu'arrivèrent quelque peu fourbus mes deux bamboche et patachon avec qui nous visitâmes cette exposition photos que je vous recommande chaudement.

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