Souvent, les débuts de journée sont banals. On fait des trucs et des machins comme si nos vies étaient des boîtes à musique impossibles à arrêter une fois remontées et enchaînant inéluctablement les morceaux. Vendredi dernier, 1er juin, semblait devoir être une de ces journées. Mais parfois, on oublie de remonter la boîte. Donc, oui donc, Vendredi matin, après avoir ouvert et fermé des portes, après avoir mis en place quelques chaises, après être allé chercher des choses et d'autres, je me suis retrouvé au milieu de tout le monde et des autres dans l'anneau central du CHU pour assister au spectacle. Aux spectacles. C'était un tout comme un arc-en-ciel, fait d'envies, de partages, de plaisirs. Nous fêtions 12 années de culture à l'hôpital. Je ne vais pas raconter ces années, je ne vais pas parler de tous ceux qui les ont traversées, de tous ceux qui les ont créées, de tous ceux qui leur ont donné une âme, de tous ceux qui les ont empruntées pour les rendre plus belles, plus réelles, plus rêveuses, plus aguichantes, plus frôlantes, plus réconfortantes, plus impulsives, plus dansantes, plus éclatantes, plus virevoltantes, plus embrassantes, plus "Je n'aurais jamais cru cela possible". Donc, oui donc, non sans des préliminaires faits de courtes nuits et de sueurs plutôt froides, nous furent offertes des chansons de partout et d'ailleurs, des chœurs amoureux, de sensuelles chorégraphies musicales, des couleurs mouvantes qui défrichèrent et révélèrent nos vibrants imaginaires.

Ils ont échangé pour que changent nos vies et se croisent nos regards, pour que nous prenions le temps de temps en temps de regarder, d'écouter, de recevoir.  

1er juin 2018 CHU Rouen chanson d'ailleurs