Donc je me suis retrouvé dans une secte. La secte des prévenus. On nous avait prévenus qu'il fallait être avertis. A moins que ce ne soit l'inverse. On nous avait prévenus, ce on si prévenant, qu'il y aurait des scènes explicites (sexeplicites) pour illustrer l'implicite. Toujours est-il qu'hier soir sous les coups, bien agréables, de 19h je me suis retrouvé avec Annie dans le hall du CHU dans le cadre, ou plutôt dans l'écran du festival A l'Est du nouveau.  Nombreuses et nombreux membres de cette secte des prévenus avertis, nous nous sommes retrouvés dans le noir pour voir L'art d'aimer de la réalisatrice polonaise Maria Sadowska (1). Bon, je ne vais pas, du moins aujourd'hui, tourner autour du clitoris (2), j'ai aimé. C'est un film qui donne envie de. Un film qui aborde les rivages de l'amour. Tous les rivages. Les rivages ouverts au public où s'échangent les mots dont le sens fait frémir les sens, les regards qui caressent, les postures qui invitent. Et puis, les rivages ombreux, où dans l'ombrage des orages de la passion, les fruits se laissent dévorer. La passion peut être douloureuse mais qu'est-ce que c'est bon. Et dieu sait que sans fin nous avons faim. Si j'ai bien compris, nous sommes désirs et passions mais que faute d'amour, faute de verbe, la frustration tisse des toiles d'araignée un peu partout. Et justement, l'amour est partout, disponible, tentant à souhait, pour autant que nous n'en ayons pas peur et que nous ayons le courage de l'affirmer. Prônons et vivons la jouissance inclusive. Je vous en souhaite une bonne. Je dois avouer que j'avais tellement faim que je ne suis pas resté pour les échanges. 

(1) je ne raconte pas le film
(2) L'héroïne du film, qui est gynécologue, pour qu'une de ses patientes puisse se représenter ce qu'est le clitoris lui demande de penser à un chauve dans un canoé. Je ne sais pourquoi, cette image me parle. 

l'art d'aimer