3 billboards

Faut croire qu'il y a du Pavlov. Du moins certains aimeraient à le croire. Pour ce qui me concerne, je choisirais inconditionnel qui précède de peu la passion. Dès le début j'ai su que j'aurais toutes les difficultés à commencer cette chronique. Alors, reprenons comme si de rien n'était. L'autre jour, beaucoup de jours sont autres, arpentant le long couloir, qui notamment mène à la salle 7, parsemé d'affiches annonciatrices je vois celle de 3 Billboards dont le réalisateur est Martin McDonagh. Bon, je ne vais pas me la jouer. Sur le coup, ce nom ne me dit rien. Je continue ma progression vers le bout. Celui du couloir. Et d'un seul coup, alchimie neuronale, me revient en mémoire Bons baisers de Bruges. Et là, je me dis qu'à la première séance, j'y vais. Ça n'a pas coupé. Après une assiette du pêcheur, qui m'a renvoyé à ma condition, je me retrouve salle 1. Je ne vais pas tourner autour du panneau, j'ai aimé, ma seule réserve étant que Martin aurait pu faire un petit peu plus court.
Au début, je n'ai pu m'empêcher de penser aux frères Coen. Et puis la pensée s'est estompée. Nous sommes dans les profondeurs des États Unis. Une mère, opiniâtre, courageuse, malheureuse, fragile, sans concession et jusqu'au-boutiste en quête de justice, jouée par une Frances McDormand presque trop parfaite pour le rôle, affronte et se met à dos la communauté des citoyens respectueux des lois, des institutions. Autrement dit, de l'ordre établi. Nous ne sommes pas loin de l'outrance, du moins peut-on le penser. La bêtise, la lâcheté, le racisme, la peur, la culpabilité, l'indifférence forme un cloaque dans lequel baigne presque tous les personnages. Mais comme nous sommes là-bas, certains pourraient être sauvés. Pour autant, je ne suis pas parvenu à relater les nuances et subtilités du propos servies par d'excellents acteurs. Allez-y en toute confiance.