Donc tout le monde était assis, notamment les vieux. Pourquoi suis-je allé voir Brooklyn Yiddish? Je n'en ai aucune idée si ce n'est la curiosité. Et la pluie. Pour reprendre un poème d'Aragon, des fois je me demande "Est-ce ainsi que les hommes vivent?". C'est ce que je me suis demandé tout au long de ce film. Pour ce qui est des femmes... Bon, globalement, rien de nouveau sous le soleil de Yahvé. Le héros, qui n'a rien d'héroïque, vit, se démène, s'englue, se frustre, se heurte à l'immuable dans une communauté régie par des règles, des préceptes, des principes édictés par la Torah, les différents, les conflits entre membres de la communauté hassidique étant soumis et réglés par le rebbe. Notre héros est en butte à une des règles qui veut qu'un homme seul, s' il est veuf, ne peut élever un enfant. Il lui faut se remarier, la communauté faisant pression pour qu'il s'acquitte de cette obligation dans les meilleurs délais. En attendant, son fils est confié à la famille du beau-frère, un gars qui ne rigole pas avec les principes. Malgré l'humour sous-jacent, ce film nous montre des individus qui semblent dénués de toute capacité d'empathie, pour qui les sentiments tels que l'amour, la pitié, la fraternité détournent de l'accomplissement spirituel. L'existence est une obéissance, ce qui exclut tout libre-arbitre. Mais bon, ce ne sont là que les réflexions d'un mécréant. Et puis je ne vous raconte pas la fin.  

Brooklin