J'ai donc attendu la fin de l'après-midi et j'y suis allé. Des fois, je sais que ça ne sert à rien mais je regrette. Des fois je ne sais pas trop. Et des fois pas du tout, mais alors là pas du tout. Hé bah, cette fois, il en est ainsi. Pas le moins du monde. C'est tellement rare que je ne prive pas de souligner la concordance entre la bande-annonce et le film. L'un est le prolongement de l'autre et j'aime bien quand ça se prolonge. Quand j'étais petit, j'aimais bien faire "comme si" tout en sachant que ce n'était pas vrai. Le samedi, c'était souvent le samedi, je mangeais une mousse au chocolat faite maison. Je la mangeais de telle façon avec ma cuillère que j'avais l'impression qu'après chaque bouchée il en restait toujours autant. Je prolongeais le plaisir jusqu'au dernier doigt. Au dernier doigt léché avec cette envie. Cette envie que ça se prolonge.
 
C'est cette envie que j'ai ressentie salle 6 lorsque j'ai vu disparaître la dernière image de Jeune femme. J'avais repéré ce film et Jorge a fini de me convaincre d'y aller. Alors je ne vais pas tourner autour du plan de coupe, j'ai sacrément aimé. Ce film proclame la liberté de choisir, d'aimer, de ne plus aimer, de vivre. L'héroïne à le courage d'aimer, d'abandonner, de s'acharner, de recommencer, de prolonger jusqu'à une nouvelle vie. Et puis comme le dit si finement Jorge, nous sont épargnés les jugements, la morale. L'héroïne, qui est de toutes les scènes, échappe aux classifications usuelles. Si elle se glisse dans une case, ce n'est que pour reprendre son souffle. Celui de la liberté. 

jeune femme